Épinal

Y a-t-il des loups dans les Vosges ?


Le loup est un animal auquel toutes sortes de légendes sont attachées. On a dit de lui, par exemple, qu'il était cruel, dangereux, agressif et solitaire. Plusieurs films ont contribué à donner une mauvaise image du loup. Mais qu'en est-il réellement ? Le Loup (canis lupus) vit en meute et contribue vivement à l'équilibre de la biodiversité. Le loup ne chasse que pour manger et non pour le plaisir. Ses proies sont généralement dévorés sur place sachant que quelques kilos de viande par jour lui suffisent, une seule proie par conséquent. Les massacres de troupeaux (moutons, brebis, agneau) sont habituellement l’œuvre de chiens sauvages, errants, qui n'ont pas cet instinct de chasseur leur survie. Depuis la convention de Berne de 1990, le loup est une espèce protégée ce qui n'empêche pas les états d'autoriser quelques tirs par an ou les braconniers de sévir. Le loup a fait son retour dans les Alpes françaises en 1998, aucune attaque sur l'homme n'a été recensée. La population du loup s'élève à environ 360 individus en France (données de 2017) pour 32 meutes. La présence du loup a été signalée dans le Jura et en Franche-Comté, il est donc fort probable que la colonisation des Vosges ait commencé. Sachant que le loup peut facilement parcourir 80 à 100 km par jour, il ne serait pas étonnant de voir s'installer rapidement et durablement dans le Massif vosgien.

Les premières preuves de la présence du loup dans les Vosges datent de 2011 avec des attaques signalées contre des brebis dans le secteur de Ventron, contre des agneaux au col du Brabant, sur un poulain à La Bresse. Au début de l'année 2012, deux loups auraient été vus. Une meute est signalée lors de l'été 2013. Les informations sont difficiles à vérifier. Les différentes attaques recensées ne correspondent pas toutes aux techniques de chasse du loup. Beaucoup d'éleveurs réclament plus de moyens de protection alors que d'autres sont pour l'élimination pur et simple de l'animal du territoire. Durant l'été 2016, l'ONF a tenté de connaître le nombre de loups par la technique de hurlements provoqués. La méthode consiste à imiter le hurlement du loup dans des cônes de signalisation. Les adultes répondent et les louveteaux jappent. Une technique qui permet donc de savoir si le loup est présent et s'il se reproduit. Mais des associations de défense du loup perturbent ces campagnes de comptage en argumentant que le but final sera d'éliminer les nouveaux nés.

Le gouvernement autorise chaque année des tirs de prélèvement, surtout pour calmer les éleveurs. Pour la saison 2016-2017, autorisation de tuer 38 loup a été donnée. Ces abattages sont réalisés loin des troupeaux attaqués, leur effet est donc proche de zéro. Il sera difficile au cous des prochaines années de faire cohabiter sereinement les éleveurs et le loup. La meilleure solution reste de protéger efficacement les troupeaux par des enclos ou des chiens tels que les Patous. Pour le moment, les Vosges ne comptent que quelques individus sans parler de meute. Mais le loup ne tardera pas à arriver des Alpes massifs montagneux voisins. Quelles seront alors les décisions des pouvoirs publics face à la pression des éleveurs ?

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